Trouvez rapidement la réponse à vos questions :
Les pictogrammes de danger : comment les reconnaître et les interpréter ?
Un losange blanc, une bordure rouge, une petite icône noire énigmatique au milieu… et vous, planté devant votre bidon de solvant, en train de vous demander si c’est du sérieux ou juste une déco un peu agressive. Rassurez-vous : ces pictogrammes ne sont pas là pour vous faire peur (enfin, un peu quand même), ils vous parlent. Encore faut-il savoir écouter.
Car bien lire un pictogramme, ce n’est pas juste cocher une case réglementaire : c’est ce qui détermine comment manipuler un déchet, où le stocker, et surtout, une fois qu’il devient un déchet, comment le faire partir en toute sécurité. La bonne nouvelle, c’est que ce langage se déchiffre très bien une fois qu’on connaît les codes. On enfile la blouse (au sens figuré), et on décortique tout ça ensemble : des étiquettes de votre atelier jusqu’aux plaques oranges des camions sur l’autoroute.
SGH, CLP : comprendre les pictogrammes de danger
Qu’est-ce que le SGH ?
Imaginez un monde où chaque pays aurait ses propres pictogrammes de danger : une tête de mort en France, un point d’exclamation en Allemagne, un émoji perplexe ailleurs. Ce serait la foire, et surtout, ce serait dangereux. C’est pour éviter ce joyeux bazar que le SGH (Système Général Harmonisé) a été créé : une classification internationale qui fixe une bonne fois pour toutes quels pictogrammes utiliser, quelles mentions associer, quelles couleurs et quels formats respecter. Résultat : un déchet dangereux se reconnaît de la même façon qu’il soit vendu à Strasbourg, à Berlin ou à Tokyo.
Le règlement CLP en Europe
En Europe, ce langage universel prend un nom un peu moins sexy mais tout aussi important : le règlement CLP (Classification, Labelling and Packaging). C’est lui le gendarme du sujet : il rend l’étiquetage obligatoire pour toute entreprise qui utilise, stocke ou manipule des déchets chimiques dangereux. Autrement dit, si un déchet présente un danger physique, sanitaire ou environnemental, le CLP lui impose de porter le bon pictogramme sur son étiquette. Pas d’option, ni de négociation possible.
Pourquoi les anciens pictogrammes orange ont-ils disparu ?
Si vous avez quelques cheveux gris (ou un vieux fond de stock dans votre atelier), vous vous souvenez peut-être des anciens pictogrammes orange et noirs : la fameuse croix de Saint-André pour « nocif », la tête de mort pour « toxique »… Ils ont pris leur retraite entre 2009 et 2017, remplacés progressivement par les nouveaux pictogrammes SGH que l’on connaît aujourd’hui : fond blanc, bordure rouge en forme de losange, symbole noir. Alors si un vieux pictogramme orange traîne encore sur un bidon au fond de votre local, ce n’est pas un objet de collection : c’est plutôt le signe d’un produit stocké depuis un bail, à inspecter de près.
Le langage visuel des produits chimiques
Au total, le SGH a retenu 9 pictogrammes de danger, ni plus, ni moins, comme les 9 vies d’un chat, sauf qu’ici, mieux vaut ne pas tester. Chacun correspond à une famille de risques bien précise : danger physique (explosif, inflammable…), danger pour la santé (toxique, irritant…) ou danger pour l’environnement. C’est ce langage visuel que nous allons décoder juste en dessous, avec deux compagnons de route qui vont nous suivre tout au long de l’article : un produit corrosif et un aérosol inflammable, deux stars discrètes, présentes dans quasiment tous les ateliers.
Les 9 pictogrammes de danger SGH à connaître
Neuf losanges, neuf histoires. Voici le casting complet, avec pour chacun : le danger qu’il signale, un exemple concret, et le réflexe à avoir.

Explosif
Exemple : artifices, détonateurs.
Manipulation avec précaution extrême, à tenir éloigné de toute source de chaleur ou de choc.

Inflammable
Exemple : hydrocarbures, solvants, peintures.
À stocker loin de toute flamme ou étincelle, dans un local ventilé.

Comburant
Exemple : eau oxygénée concentrée, certains engrais.
Favorise ou intensifie un incendie même sans être lui-même inflammable.

Gaz sous pression
Exemple : bonbonnes de gaz, aérosols.
Risque d’éclatement sous l’effet de la chaleur : jamais près d’une source de chaleur.

Corrosif
Exemple : Acides, bases, certains produits de nettoyage industriel corrosifs, batteries.
Attaque la peau, les yeux et certains métaux : équipements de protection obligatoires.

Toxique ou mortel
Exemple : pesticides, solvants halogénés, cyanure, arsenic.
Danger mortel ou grave en cas d’ingestion, d’inhalation ou de contact, même en faible quantité.

Irritant / nocif
Exemple : certains détergents, colles.
Danger moins sévère que la toxicité aiguë, mais à ne pas sous-estimer (irritation cutanée, oculaire).

Danger grave pour la santé
Exemple : produits cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR), certaines poussières.
Effets à long terme sur la santé (cancer, mutation, effets sur la reproduction) : exposition à limiter strictement.

Dangereux pour l’environnement
Exemple : certains solvants, huiles usagées, produits phytosanitaires.
Toxicité pour la faune et la flore aquatiques : ne jamais rejeter à l’égout ou dans la nature.
Et sur la route ? Comprendre les pictogrammes ADR
Retrouvons nos deux comparses : le produit corrosif (acide ou basique) et l’aérosol inflammable. Une fois vidés ou périmés, ils ne disparaissent pas par magie : ils deviennent des déchets dangereux, et doivent prendre la route. Sauf qu’une fois sur le bitume, ce n’est plus le même vocabulaire qui s’applique.
Voici l’ADR, pour « Accord européen relatif au transport international des marchandises Dangereuses par Route ». C’est le deuxième système de pictogrammes, complémentaire du premier (SGH / CLP) : un peu comme un passeport qui prend le relais une fois le déchet dans le camion.
SGH/CLP vs ADR : deux langages, un même déchet
Pictogramme SGH / CLP
Sur l’étiquette du produit, il informe sur la nature du danger intrinsèque : ce que contient le bidon et ce qu’il faut faire pour le manipuler sans risque.
Étiquette de danger ADR
Losange apposé sur le contenant homologué UN (sa couleur dépend de la classe de danger). Il informe les secours en cas d’accident ou d’incident, ainsi que les services de contrôle, dont la DREAL.
Concrètement, voilà ce que ça donne pour nos deux compagnons de route :
Une fois collecté comme déchet dangereux, notre produit corrosif est placé dans un contenant UN de type Néobidon, avec un losange ADR de classe 8 (matières corrosives : acides ou bases) directement dessus.
Notre aérosol inflammable est placé dans un contenant UN de type Néobox (S ou M, selon la quantité), et on appose un losange ADR de classe 2 (gaz), associé à un risque d’inflammabilité.
Les classes ADR à connaître
L’ADR répartit les matières dangereuses en 9 classes, dont certaines sont subdivisées : ça nous fait 19 « familles » de danger au total. Voici le tableau complet :
- Classe 1Matières et objets explosibles
- Classe 2CourantGaz (2.1 inflammables, 2.2 non inflammables et non toxiques, 2.3 toxiques), dont les aérosols
- Classe 3CourantLiquides inflammables (solvants, peintures, diluants)
- Classe 4.1Matières solides inflammables, matières autoréactives et explosibles solides désensibilisés
- Classe 4.2Matières sujettes à l’inflammation spontanée
- Classe 4.3Matières qui, au contact de l’eau, dégagent des gaz inflammables
- Classe 5.1Matières comburantes
- Classe 5.2Peroxydes organiques
- Classe 6.1CourantMatières toxiques
- Classe 6.2Matières infectieuses
- Classe 7Matières radioactives
- Classe 8CourantMatières corrosives (notre solvant (Acides ou bases)
- Classe 9CourantMatières et objets dangereux divers, dont les matières dangereuses pour l’environnement
Pas de panique : dans le quotidien d’une entreprise, on croise surtout les classes 2 (nos aérosols), 3, 6.1, 8 et 9. Les autres relèvent de situations beaucoup plus spécifiques.
Les numéros ONU et le code matière
Sur les documents de transport et parfois sur les plaques du véhicule, un numéro à 4 chiffres identifie précisément la matière transportée (par exemple UN1760 pour certains liquides corrosifs). Ce numéro ONU permet aux services de secours d’identifier immédiatement le déchet en cas d’incident.
Les plaques orange
Sur l’autoroute, vous avez sûrement déjà doublé un camion arborant ces fameuses plaques rectangulaires orange, à l’avant et à l’arrière du véhicule, sans forcément savoir les lire. Et si ce n’est pas le cas, ouvrez l’œil lors de votre prochain trajet : vous saurez désormais quoi regarder !

Le chiffre du haut (le code Kemler) indique la nature du danger, celui du bas est le numéro ONU. Ce n’est pas de la déco non plus : c’est une information de sécurité destinée en priorité aux services d’intervention, qui doivent savoir en un coup d’œil à quoi ils ont affaire.
Focus : le transport des déchets dangereux
Ce sont précisément ces exigences (classification ADR, plaques orange, numéros ONU, formation des conducteurs) qui font du transport de déchets dangereux un métier à part entière. Chez clikeco, nos techniciens de collecte et nos véhicules sont certifiés ADR, ce qui nous permet de collecter et transporter légalement les déchets dangereux de nos clients, du produit corrosif à l’aérosol inflammable, dans le respect de cette chaîne de sécurité qui commence dès l’étiquetage du déchet.
Pictogrammes de danger : 5 pièges à éviter
Même les meilleurs élèves peuvent se tromper. Petit tour des idées reçues à ne pas laisser traîner dans l’atelier.
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1
Plusieurs pictogrammes sur un même déchetUn déchet peut très bien cumuler plusieurs dangers à la fois : notre aérosol, par exemple, est à la fois inflammable et sous pression. Il faut tenir compte de l’ensemble des pictogrammes présents, pas seulement du plus voyant : ici, le SGH02 (inflammable) et le SGH04 (gaz sous pression).
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2
Les mentions H et P, souvent zappéesOn regarde le pictogramme, on hoche la tête, et on ignore royalement les petites lignes en dessous. Grave erreur : les mentions de danger (H) et les conseils de prudence (P) précisent le risque exact et la conduite à tenir. Elles sont tout aussi importantes que le symbole lui-même.
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3
Danger ne veut pas dire risqueLe danger est une propriété intrinsèque du déchet ; le risque, lui, dépend de l’exposition réelle (quantité, durée, protection). Un déchet dangereux bien stocké et jamais manipulé à mains nues présente un risque limité.
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4
Pas de pictogramme ne veut pas dire aucun dangerCertains déchets dangereux à faible dose ou à effet différé ne brandissent pas de pictogramme spectaculaire au premier coup d’œil. Pas de losange rouge ne signifie pas « sans risque » : en cas de doute, direction la fiche de données de sécurité (FDS).
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5
Un contenant vide n’est pas forcément inoffensifUn bidon de solvant « vide » n’est jamais totalement vide : il garde des résidus et des vapeurs potentiellement dangereuses. Il doit être traité et collecté comme un déchet dangereux, pas jeté avec le tout-venant.
Pictogrammes de danger : le mémo à retenir
C’est pas sorcier, mais ça se retient
- 9 pictogrammes SGH/CLP signalent la nature du danger d’un produit chimique, sur son étiquette.
- Les pictogrammes ADR prennent le relais une fois le produit devenu déchet et mis sur la route.
- Un même déchet dangereux « parle » donc deux fois : une fois sur l’étagère, une fois sur le camion.
- En cas de doute sur un pictogramme ou une mention, la fiche de données de sécurité (FDS) fait toujours foi.
Besoin d’aide pour vos déchets dangereux ?
Vous avez décodé les pictogrammes, bravo : reste maintenant à s’occuper de ce qu’ils désignent. De l’identification des déchets dans vos locaux à leur collecte et leur transport certifié ADR, clikeco accompagne les entreprises dans la gestion de leurs déchets dangereux.
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